Que la France recule relativement dans la science mondiale depuis vingt ans est très probablement vrai. Mais les chiffres avancés par l’Observatoire des sciences et techniques appellent un examen attentif. Deux objections ont été émises.

Mesurer la production scientifique

La première objection est arithmétique. L’étude mesure des parts de marché mondiales, or l’essor des émergents change la donne. La Chine et l’Inde passant ensemble de 10% à 34% des publications et de 4,9% à 21% des citations, tout pays installé recule mécaniquement. Si la France avait conservé sa position relative dans le monde hors Chine et Inde, sa part de citations serait de 3,58% au lieu de 2,7%, et sa part de production de 3% au lieu de 1,88%. Cette seule recomposition explique de 46% à 77% du recul selon l’indicateur. Un repère : sur l’indicateur d’influence, celui dont la presse a retenu le « moins 60% », les États‑Unis passent de 39,3% à 15% des articles les plus cités, soit −61,8%, un recul presque exactement comparable à celui de la France (−61,3 %). Mais aucun média français n’a titré sur le décrochage de la recherche américaine.

Cette part‑là du recul, aucune politique nationale ne pouvait l’empêcher : une part de marché mondiale n’est pas un objectif pilotable, et en faire une cible revient à se fixer un but hors d’atteinte pour conclure ensuite à l’échec.

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