Les étudiants étrangers font partie intégrante de systèmes d’enseignement supérieur dynamiques et de grande qualité. En Australie, au Canada, en France, en Allemagne, aux Pays‑Bas et au Royaume‑Uni, leur nombre a fortement augmenté tout au long des années 2010. Bien qu’ils aient été temporairement affectés par la pandémie de COVID-19, ces six pays ont tous vu le nombre d’étudiants étrangers revenir à son niveau d’avant la pandémie dès 2023. Des pressions politiques et sociales, notamment des inquiétudes concernant l’intégrité du recrutement, les faibles taux de rétention, la dépendance vis‑à‑vis des frais de scolarité des étudiants étrangers, les difficultés de logement et les contraintes de capacité d’accueil, ont conduit à un durcissement de la politique relative aux étudiants étrangers en Australie, au Canada, aux Pays‑Bas et au Royaume‑Uni. Les premières données disponibles pour 2024 et 2025 suggèrent que la croissance des inscriptions d’étudiants étrangers dans ces pays a ralenti et que, dans certains cas, leur nombre a même diminué. Parallèlement à ces évolutions, la France et l’Allemagne ont continué à mettre en œuvre des politiques visant à attirer et à retenir davantage d’étudiants internationaux.

Avant la pandémie, les politiques relatives aux étudiants internationaux dans l’ensemble des six pays comparés mettaient l’accent sur l’attractivité et le recrutement. Les récents changements politiques dans certains pays ont déplacé la priorité vers la durabilité et l’équilibre. Cela offre l’occasion de repenser les approches en matière de politique relative aux étudiants internationaux, d’examiner si les pays et les établissements disposent de capacités suffisantes pour soutenir les étudiants internationaux, et de relever les défis auxquels les étudiants sont confrontés tout au long de leur parcours. Les données présentées dans ce rapport mettent en évidence des défis liés à :

A. Le choix des études, les procédures d’admission et d’arrivée : les étudiants internationaux ont besoin d’informations fiables sur les options d’études et la vie dans le pays et devraient pouvoir choisir des programmes correspondant à leurs capacités et à leurs aspirations, tout en répondant aux besoins du pays d’accueil. Les étudiants internationaux sont généralement plus nombreux à s’inscrire dans des programmes de master et de doctorat, ainsi que dans les filières STEM (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques), de gestion, d’administration et de droit. Ils sont principalement inscrits dans des établissements de type universitaire. Étudier à l’étranger est devenu plus coûteux, les pays proposant moins de bourses, qui sont en outre de plus en plus ciblées. Certains étudiants internationaux ont également du mal à s’y retrouver dans les procédures d’admission et à remplir toutes les conditions requises pour obtenir un visa ou un permis d’études.

B. Adaptation et réussite dans les études : les étudiants issus de pays et de milieux différents présentent des niveaux de préparation variés et doivent s’adapter à un nouvel environnement d’apprentissage dont les approches, les attentes et les normes peuvent différer de celles de leur pays d’origine. Si de nombreux étudiants internationaux éprouvent souvent un sentiment d’appartenance dans leur pays d’accueil, certains ont du mal à nouer des liens avec les étudiants locaux et à s’intégrer à la communauté universitaire au sens large. Les étudiants internationaux ont généralement connaissance des services d’aide, mais comptent souvent sur le soutien informel de leurs pairs et de leur famille. Par rapport aux étudiants nationaux, les étudiants internationaux semblent afficher un taux de progression initial plus faible et un taux d’abandon plus élevé, bien qu’ils soient plus susceptibles de terminer leurs études dans les délais théoriques. Parmi les principales raisons d’abandon figurent les pressions financières, le stress et le bien‑être, les attentes non satisfaites, la maîtrise de la langue et les exigences relatives au visa ou au permis d’études.

C. La vie dans un nouveau pays : de nombreux étudiants internationaux rencontrent des difficultés pour trouver un logement adapté, sont victimes d’escroqueries et, dans certains pays, paient leur logement plus cher que les étudiants nationaux. Diverses initiatives locales existent pour aider les étudiants internationaux à leur arrivée. Certains étudiants sont confrontés à des difficultés financières et ont du mal à couvrir leurs frais d’études et de subsistance. La plupart des étudiants internationaux travaillent, en partie parce qu’ils comptent sur leurs revenus pour subvenir à leurs besoins. Presque tous se sentent en sécurité au sein de leur établissement, mais certains ne se sentent pas en sécurité ou bien accueillis dans leur communauté. Beaucoup ont du mal à s’intégrer dans les communautés locales, en particulier là où des barrières linguistiques persistent.

D. Opportunités et perspectives après l’obtention du diplôme : la plupart des étudiants internationaux ont l’intention de rester dans le pays d’accueil, mais seule une minorité y reste à long terme. Avec l’introduction ou l’extension des visas ou permis post‑diplôme, davantage de diplômés restent dans un premier temps, mais beaucoup ne parviennent pas à obtenir un statut à plus long terme. Les diplômés internationaux ont souvent du mal au début à trouver un emploi et affichent des résultats moins bons sur le marché du travail au départ, bien que l’écart avec les diplômés nationaux ait tendance à se réduire avec le temps.

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